Q: On ne peut pas échapper à cette question en ce moment, Philippe, quelle est l´ambiance au sein de l´équipe de Suisse ?
R: "Mais elle est très bonne (il soupire). Entre les joueurs, tout se passe à merveille. Il n´y a jamais eu de problèmes."
Q: Les circonstances actuelles sont quand même particulières...
R: "Ce que je peux dire, c´est que j´éprouve toujours un très grand plaisir à rejoindre l´équipe de Suisse et retrouver mes potes."
Q: Il y a quand même quelques accrochages de temps en temps, y compris sur le terrain...
R: "Mais c´est normal. (Il réfléchit) Nous voulons tous gagner et donner le meilleur de nous. A l´entraînement comme en match. Donc, parfois, il y a des réactions un peu vives. C´est préférable d´avoir une équipe faite de joueurs qui en veulent plutôt que le contraire, plutôt que des gars qui n´en ont rien à faire."
Q: Mardi matin, Köbi Kuhn a parlé des soucis actuels de l´équipe de Suisse, notamment du cas Vogel. La discussion a-t-elle porté ses fruits ?
R: "Les choses sont simples: l´entraîneur a pris sa décision et nous l´a expliquée. A nous de continuer d´aller de l´avant, sans penser au passé."
Q: Avec trois défaites de rang, ressentez-vous une tension particulière avant de rencontre la Jamaïque et la Colombie ?
R: "Une tension... (il hésite) Non, pas une tension. C´est surtout le fait qu´il nous manque quelque chose: la motivation. C´est difficile, car nous n´avons pas de matches officiels. En fait, nous ne sommes pas sous pression, mais plutôt nous manquons de pression, de rencontres qualificatives à enjeux qui nous maintiendraient sous tension."
Q: Quelle est la solution ?
R: "Nous sommes des professionnels, c´est notre métier. Nous devons agir en conséquence."
Q: Vos deux adversaires en Floride sont pour le moins exotiques. Sportivement, que peuvent vous apporter ces deux matches dans l´optique de l´Euro ?
R: "La donne est toujours la même: nous devons progresser ! Jouer la Jamaïque et la Colombie doit nous permettre de retrouver nos automatismes et la confiance.
Q: Philippe, qui sera le nouveau capitaine de l´équipe de Suisse ?
R: "Je ne sais pas (en riant)."
Q: Avez-vous une préférence ?
R: "Non... (il marque une pause) Attendez, Johann Vogel est un super joueur. En Suisse, nous n´avons pas un réservoir assez important pour en avoir plusieurs de sa trempe. Mais nous devons maintenant faire sans lui."
Q: Et vous, vous sentez-vous prêt à prendre le brassard, si on vous le demandait ?
R: "Ce n´est pas moi qui décide, c´est l´entraîneur."
Q: D´accord, mais vous en sentez-vous capable ?
R: "Ce n´est pas à moi qu´il faut le demander."
Q: On a le sentiment qu´avec l´éviction de Vogel, qui était le véritable relais de l´entraîneur, Köbi Kuhn veut amoindrir quelque peu l´importance du capitaine dans sa sélection. A votre avis, le capitanat est-il important dans une équipe ?
R: "Bien sûr ! C´est le lien entre l´entraîneur et le groupe. Il doit être un leader, non seulement sur le terrain, mais aussi en dehors."
Q: Revenons maintenant sur votre club. Comment ça va à Arsenal ?
R: "Disons que je vais comme mon club... (il rit jaune) Nous venons de nous faire éliminer de la Cup, de la Coupe de la Ligue, de la Ligue des champions et nous ne sommes pas au mieux en championnat. Nous essayons de revenir sur Chelsea (réd. qui est 2e) ou au pire de conserver notre 3e place. Pour un club comme Arsenal, c´est une contre-performance !"
Q: Arsenal a été frappé par la malchance cette saison, notamment au niveau des blessures...
R: "Ce n´est pas une question de chance ! Beaucoup de joueurs ont disputé la Coupe du monde, au sortir d´une très longue saison, avec des matches dans toutes les compétitions, dont un parcours jusqu´en finale de la Ligue des champions. Il n´y a pas de miracle ! La répétition des matches est cause de blessures."
Q: Après de longs mois à l´infirmerie pour votre épaule, comment vous sentez-vous physiquement à l´heure actuelle ?
R: "Très bien. Depuis mon retour, j´ai été passablement aligné par Arsenal. Et, comme je n´ai pas joué le week-end dernier, j´ai pu bien récupérer."
Q: Vous étiez devenu un titulaire presque indiscutable dans la défense d´Arsenal la saison passée, et cette saison vous jouez un peu moins. Est-ce difficile à vivre ?
R: "Je ne suis pas d´accord, je ne joue pas moins. Cette saison, à chaque fois que j´étais prêt physiquement, j´ai joué. C´est vrai que la concurrence est sévère et qu´il y a beaucoup de compétition au sein d´un grand club. Mais je préfère cette situation à celle... Je n´en dis pas plus... (léger sourire)"
Q: Vous êtes-vous fixé des objectifs à moyen et long termes ?
R: "Comme tous les joueurs, je veux m´imposer comme un titulaire à part entière dans un bon club. Et surtout, progresser chaque jour."
Q: La saison passée, vous étiez régulièrement titulaire à Arsenal, vous vous êtes imposé en équipe de Suisse, vous avez participé à la campagne de la Ligue des champions puis à la Coupe du monde. Mais, vous vous êtes blessé avant la finale contre Barcelone et le 8e contre l´Ukraine. Emotionellement, ce doit être très dur. Avez-vous digéré ?
R: "Ca a été très difficile de manquer la finale de la Ligue des champions alors que j´avais participé à toute la campagne. Mais ce n´était pas un problème puisqu´il y a toujours quelqu´un qui peut jouer à votre place. J´avoue que la défaite m´a fait plus mal que le fait de ne pas jouer. Pour la Coupe du monde, c´est pareil. De toutes façons, avec le nombre de matches, nous n´avons pas trop le temps pour réflechir. Il faut foncer. Je joue avec mon coeur. Je joue pour mon pays. Je donne toujours tout et j´essaie de transmettre ça à mes coéquipiers." (si/dg)